Le livre le plus lu dans le monde est français

Savez-vous quel est le livre vendu à plus de cent quarante-cinq millions d’exemplaires dans le monde et douze millions d’exemplaires en France, traduit en 270 langues et dialectes, ce qui en fait l’ouvrage de littérature le plus vendu au monde et le plus traduit après la Bible ? C’est un livre français que nous connaissons tous si bien : Le Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry.

Publié aux Etats-Unis en 1943, ce charmant conte philosophique, écrit par Saint-Exupéry après plusieurs récits d’aviation et de guerre, est un petit miracle. On sait qu’après l’armistice de 1940, Saint-Exupéry, exilé aux Etats-Unis, est hospitalisé pour soigner les séquelles de ses nombreux accidents. Pour le distraire, une de ses amies la comédienne française Annabella, lui lit un conte d’Andersen : La Petite Sirène. Ce conte lui aurait donné l’idée d’en écrire un aussi. Au même moment, le cinéaste René Clair lui offre une boîte d’aquarelles. Saint-Exupéry peut illustrer son histoire et donner une vraie vie à ce petit personnage aérien qu’il n’arrête de dessiner depuis des années. L’écrivain aviateur mourra en mer un an plus tard.

Le livre fut initialement publié à New York et la première édition française du Petit Prince éditée en 1946 par les Editions Gallimard après la Libération et la mort de l’auteur. Un nouveau tirage en collection Folio au début du XXIe siècle restitura plus tard dans une édition française les illustrations à partir des originaux. Le manuscrit original est conservé à la Pierpont Morgan Library à New York.

Phénomène d’édition, phénomène culturel, Le Petit Prince est international. Des millions de livres, cassettes, DVD, CD audio vendus dans le monde, un musée au Japon, un opéra aux États-Unis et en Allemagne, une comédie musicale en France et en Corée, une intégration dans les programmes scolaires au Maroc, au Canada, au Liban, au Japon, en Corée, un magasin dédié à Paris, plus de quatre cents produits dérivés sous licence, etc.

C’est une franchement bonne occasion de se souvenir qu’« on ne voit bien qu’avec le coeur et que l’essentiel est invisible pour les yeux ».