Le très discret numéro 1 mondial du fromage

numero 1 mondial du fromage

Avec un chiffre d’affaires dans le fromage de 6,2 milliards d’euros en 2016 (sur un total de 17,3 milliards), réalisé dans 120 pays et des marques aussi célèbres que Président, Bridel ou Lactel, la société française LACTALIS est le numéro 1 mondial du fromage (ex aequo avec la société américaine Kraft).

Classée 15ème fortune de France par « Challenges », la famille Besnier, propriétaire à 100% de Lactalis, pèserait quelque 2,5 milliards d’euros. Le groupe, très secret, ne publie pas ses comptes. Le siège social de cette entreprise milliardaire est situé au fond d’une impasse à Laval, au cœur de la Mayenne.

Emmanuel Besnier, un président très secret

Depuis trois générations, les Besnier ne vivent que par et pour le fromage. C’est le grand-père André, tonnelier dans la petite commune de Montsûrs en Mayenne, qui a créé la PME, un jour d’octobre 1933. Chaque matin, il partait au volant de sa camionnette collecter le lait dans les fermes voisines, pour fabriquer ses camemberts artisanaux.

Très vite les recettes qui feront la réussite du groupe sont là. La discrétion (Lactalis préfère payer une amende que de déposer ses comptes au tribunal de commerce), l’efficience industrielle, l’innovation (le lait pasteurisé en brique est lancé en 1968…), la politique des marques et du terroir (le groupe contrôle les deux tiers des fromages AOC français)… et les concurrents rachetés à tour de bras.

Emmanuel Besnier, troisième génération de Besnier en est l’actuel PDG. Jamais d’interview, une seule photo parue dans la presse en une décennie, prise à la sauvette dans une usine de Croatie. Aucune sortie publique, ni cocktail mondain ni dîner en ville, pas de notice dans le « Who’s Who »… On douterait presque de l’existence de ce patron furtif, qui applique à la lettre la devise de son père : « Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit. » Il est tombé dans la marmite quand il était tout petit !

« Je suis né dans un bidon de lait. Pendant longtemps, notre cour de jeu à la maison a été celle de l’usine. »

Tel un Obélix du lait et du fromage, en 10 ans, ce jeune patron a plus que doublé le chiffre d’affaires, avec une quarantaine d’acquisitions. En 2006, il a avalé la mozzarella de l’italien Galbani et la part majoritaire des produits ultrafrais de Nestlé (desserts La Laitière), en 2010, il s’est offert le lait espagnol Puleva…

« Pour vivre heureux vivons caché », voici un diction franchement français mis en pratique par une famille d’entrepreneur bien française qui rend heureux partout dans le monde les amateurs de bons fromages français.

Merci à Marc des M., fidèle lecteur et amateur de  fromage de m’avoir donné l’idée de ce post.

 

Crédit photo : Jef Verhaeren.