Sergent Major, les jolies plumes des pleins et des déliés

plume patrimoine français

Quatre générations d’écoliers ont appris à écrire avec les plumes Sergent Major, l’encrier en porcelaine, l’encre violette, et le buvard rose, bien pratique pour éviter tâches ou gros pâtés sur les cahiers.

C’est en Angleterre que la plume métallique est inventée dès le milieu du XVIIIème siècle. En France, c’est à la fin du XIXème siècle que cette plume, au bout de son support de bois, remplacera la plume d’oie. Son industrialisation et sa commercialisation se développent alors à Boulogne-sur-Mer en 1856, sous la marque déposée par la société Gilbert et Blanzy-Pourre.

Un savoir-faire et une fabrication protégés

Pour éviter toute contrefaçon, la marque Sergent-Major était marquée sur chaque plume et une bande tricolore entourait la boîte.

Sa fabrication comportait des étapes précises et minutieuses. Sa forme était d’abord découpée sur des feuilles d’acier, percée au centre, fendue jusqu’à son extrémité et marquée d’inscriptions. La plume ensuite recuite rendait l’acier plus souple afin de lui donner sa forme cylindrique. Un second recuit et une trempe étaient réalisés pour lui donner ses qualités de dureté et d’élasticité. Après nettoyage, chaque plume était aiguisée pour en effiler le bec. L’opération la plus délicate consistait en la découpe de la fente, avant d’effectuer le polissage et le vernissage contre l’oxydation.

Une symbolique française

La plume Sergent-Major fait référence à un grade de l’armée. En fait, le grade de Sergent-Major fut créé en 1776. Considéré comme un soldat d’expérience, voire d’élite, jusqu’en 1870, il représentait le symbole de l’ascension hiérarchique et s’alliait très bien avec les débuts de l’école primaire. C’est ainsi que tout naturellement la plume Sergent-Major était réservée d’abord au seul maître. Les élèves utilisaient une plume moins prestigieuse et moins onéreuse, la Gauloise, commercialisée par Baignol et Farjon. Après la guerre, La plume sergent-major devient synonyme de victoire après la restitution de l’Alsace et de la Lorraine en 1919. Le conditionnement des plumes Sergent-Major est décoré par une image rappelant une victoire des armées françaises.

Elle reste la seule marque française sur le marché. Tous les écoliers écrivent avec elle jusqu’à l’avènement du stylo à bille du baron Bich, dans les années 60.

La plume aujourd’hui

Le monde de l’art apprécie les qualités de la plume Sergent-Major. Les classes de dessin réalisent des œuvres d’art à l’encre de chine. L’artiste contemporain Louis Pons, auteur de plus de 2000 dessins, confie « Je tue le temps à coups de plume Sergent-Major et ce sera long ! «  La citation montre bien que l’utilisation de cet outil n’est pas près de disparaître.

Les calligraphes réalisent de belles écritures, des signatures élégantes et uniques pour accompagner les plus grandes maisons de luxe françaises. Ils effectuent des travaux sur mesure comme des menus, des invitations, des marque-places originaux ou tout autre objet magnifié, leur donnant un caractère artisanal et unique.

Ironie du sort, les plumes Sergent major sont maintenant commercialisées par le groupe BIC.

C’est la rentrée scolaire, pourquoi ne pas ressortir vos franchement bien belles plumes !