L’ortie est le nouveau coton

L'ortie est le nouveau coton

Moins polluante et plus écologique que le coton, l’ortie pourrait révolutionner l’industrie textile. S’habiller avec des orties ? Une idée qui ne manque pas de piquant…

Une fibre écologique

Jadis utilisée pour fabriquer les cordages, l’ortie a de gros avantages : elle ne consomme pratiquement pas d’eau, aucun pesticide, pousse toute seule, résiste au gel, et se récolte 2 fois par an. Elle offre ainsi une alternative au coton dont la culture en eau est très gourmande et solliciteuse en pesticides !  

« Pour un jean en coton, il faut 5 à 10 000 litres d’eau ; 30 à 50 % des pesticides de la planète sont utilisés pour la culture du coton » dit Pierre Schmitt, patron de Velcorex-Matières Françaises.

Après la récolte dans les champs d’ortie (aïe ça pique un peu !), on enlève les feuilles et on obtient une sorte de paille. En 10 minutes, les herbes en botte sont broyées et prêtes à être utilisées pour fabriquer des fibres. Ensuite, elles peuvent être filées.

Les fibres sont d’excellente qualité; longues, résistantes, souples et soyeuses. L’ortie est très isolante car les fibres creuses conservent une certaine quantité d’air qui protège du froid ou du chaud.

Mais faut pas pousser trop vite mémé, car pour que cela devienne une production d’avenir en France, il faudrait trouver des producteurs d’orties et recréer totalement les savoir-faire (perdus) de transformation de la plante en fils.

Un savoir-faire à réinventer

La fabrication des tissus à base d’orties ne date pas d’hier ! On en retrouve sur les momies mais aussi dans les uniformes des soldats de Napoléon.

Ce savoir-faire a été perdu lors de la production en masse du coton : « c’est la production massive de coton à bas prix qui a éliminé son usage » explique Michel Flick, directeur de la ferme expérimentale de l’ENSAIA. Depuis 2015, en Meurthe-et-Moselle, 64 000 plants d’ortie sont cultivés et surveillés avec soin.

Autres vertus de l’ortie

L’ortie est un trésor de bienfaits pour la santé. Le venin urticant participe aux principes actifs : on se sert de ses propriétés diurétiques, dépuratives pour agir contre l’arthrite et les rhumatismes.

En cuisine, l’ortie est utilisée pour faire des soupes, des sauces ou omelettes.

En horticulture, on la met à macérer pour réaliser le fameux purin d’ortie. Ce dernier est utilisé comme répulsif contre certains insectes et comme engrais car il est riche en azote et en oligo-éléments.

L’ortie ? « qui s’y frotte, s’y pique » mais qui le tisse agit pour la planète !