N’est pas noix de Grenoble qui veut

Grenoble

Ronde, charnue, délicieuse avec son petit goût de pain beurré, la « noix de Grenoble » est le premier fruit en France à obtenir son Appellation d’origine contrôlée (AOC) en 1936. Désormais protégées (AOP) , La Mayette et La Franquette se cueillent en octobre pour notre plus grand plaisir …

A force d’en croiser des exotiques, des bizarres, des venues de contrées si lointaines qu’elles pourraient aussi bien avoir débarqué d’un feuilleton de science-fiction, nous en oublions celle qu’une AOC, Appellation d’Origine Contrôlée, protège et récompense depuis plus de soixante-dix ans et que nous introduirions d’un roulement de tambour si nous jouions les podcasts: l’épatante Noix de Grenoble.

Permettez-nous donc de corriger le tir et de vous en dire plus sur ce délice: les variétés d’abord. Et oui, n’est pas noix de Grenoble qui veut ! « La mayette », « la parisienne » et la « franquette » sont les seules autorisées à porter cette appellation et elles doivent, qui plus est, venir d’un territoire spécifique, s’étendant sur une partie de la Drôme, de l’Isère et de la Savoie.

C’est dans ce terroir qu’elles puisent leur saveur, que les gourmands apprécient sous toutes les formes possibles. Croquées toutes seules, avec du comté, concassées dans les desserts gourmands, en morceaux dans les salades…la noix est partout, délicieuse et parfumée.

Même les parties que nous ne consommons pas sont précieuses : le brou, la partie charnue entourant la noix, sert de matière première au brou de noix. Et le bois issu des noyeraies, un mot totalement inutile au Scrabble et qui désigne un champ de noyers, est recherché en ébénisterie.

Évidemment, cela n’a rien d’un hasard si la Noix de Grenoble s’est hissée au rang des appellations protégées. Comme souvent, l’histoire et le climat ont joué les conspirateurs pour arriver à la carte actuelle des saveurs françaises : les lieux sont particulièrement adaptés aux noyers et les aléas des tracas humains et des autres cultures ont favorisé l’émergence et l’essor de cette culture dans les environs de Grenoble. Une AOP, Appellation d’Origine Protégée, la recommande d’ailleurs aussi à votre attention, et à vos palais, depuis 1996.

Octobre est le mois de la récolte : c’est donc le bon moment pour les découvrir en noix fraîches, tout juste sorties des mains du nuciculteur.

Et si vous ratez l’occasion, aucune inquiétude à avoir, les noix sont franchement délicieuses consommées sèches, et cela toute l’année.

Astuce : en trempant les cerneaux séchés toute une nuit dans du lait, on retrouve le goût des noix fraîches !

Véronique, de Mon Beau Terroir