Christofle : grand maître argentier

Orfèvrerie

Symbole du luxe et raffinement à la française, Christofle perpétue depuis près de deux cents ans la tradition du travail de l’argent massif. Inventeur de la galvanoplastie, il lance l’industrialisation du métal argenté.

L’histoire de la maison Christofle

C’est en 1830 que le bijoutier parisien Charles Christofle fonde la société et dépose son poinçon de maître de garantie de Paris. Avant-gardiste, il change le destin de l’entreprise et se tourne vers l’orfèvrerie en acquérant, en 1842, des brevets d’argenture et de dorure par électrolyse, ce qui lui permet de lancer la fabrication de pièces en métal argenté à l’échelle industrielle. Il va industrialiser un des plus anciens artisanats du monde.
En 1853, Christofle invente la galvanoplastie. Grâce à ce procédé révolutionnaire qui permet de  reproduire rigoureusement à l’identique un objet à partir d’un moule en caoutchouc en le recouvrant d’une couche de métal rendu conducteur, l’entreprise va non seulement produire en série mais également s’engager dans de gigantesques réalisations comme les statues de la toiture de l’Opéra de Paris ou celle de Notre-Dame de la Garde à Marseille.
L’argenterie Christofle entre alors dans tous les foyers français grâce à l’invention de la liste de mariage et sa fameuse ménagère de couverts en métal argenté. Le succès est immédiat : ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir un service en argent massif accourent. Le service de baptême fait ensuite son apparition ! Qui n’a pas vu chez dans la vitrine aux trésors de sa grand-mère une timbale ou un rond de serviette gravés ?
L’orfèvre, indéniablement associé au luxeéquipe les plus grands palaces tels que le Crillon, le Ritz, les ambassades mais également le paquebot Le Normandie  (40 000 pièces d’orfèvrerie sont livrées) ou encore l’Orient-Express.

Un savoir-faire made in Normandie

Chaque pièce d’orfèvrerie est maintenant façonnée à Yainville en Seine-Maritime par des artisans chevronnés, Meilleurs Ouvriers de France.  Leur savoir-faire unique se transmet de maître à élève selon la devise de Charles Christofle, «Une seule qualité, la meilleure !». Dans l’atelier normand, les Maîtres-Orfèvres sont de véritables « Trésors vivants ». Ils travaillent chaque pièce à la main suivant des techniques ancestrales :
– le planeur façonne le métal à froid en martelant la pièce avec une régularité absolue;
– le fondeur coule le métal en fusion dans un moule;
– le polisseur, à l’aide de pâtes abrasives, de brosses et tampons, donne à la pièce une surface parfaitement lisse : « le poli miroir »;
– le ciseleur décore une pièce « au repoussé », il enfonce le métal pour faire apparaître un motif saillant;
– le graveur avec son burin et son échoppe, incise et taille chaque pièce selon le mouvement et les effets qu’il veut donner à sa gravure.

Depuis 2005, la maison a renoué avec le bijou en argent massif et compte une vingtaine de collections réalisées avec de célèbres créateurs. Aujourd’hui présent dans plus de 70 pays, Christofle réédite des pièces prestigieuses du patrimoine historique et créée des objets uniques dont la réalisation constitue un défi technique et esthétique.

Une icône franchement incontestable de l’art de vivre à la française.

Crédit photo : Pascal Guittet