La dentelle du point d’Alençon

dentelle point d'Alençon

Nommée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010, la dentelle d’Alençon est un joyau historique et artistique français.

La dentelle du point d’Alençon

Originaire de la ville éponyme en Normandie, elle est inspirée de la dentelle de Venise. La fabriquer est un travail digital fastueux puisqu’un cm2 de dentelle d’Alençon nécessite 7h à 15h de travail. La formation d’une dentellière demande 8 à 10 ans de transmission du savoir faire pratique et théorique.

Les spécificités du point d’Alençon

Selon les régions de production, chaque dentelle se démarque par la technique utilisée et son style. Le point d’Alençon est une dentelle à aiguilles caractérisée par la finesse et la complexité de son exécution. Il se déroule en 10 étapes successives et trois étapes de préparation : le dessin, le piquage et la trace
– L’exécution du fond : le réseau, les remplis (5 variétés), les modes (vingtaines de motifs différents) et la brode pour donner le relief à ce décor.
– Le détachement du support : le levage, l’éboutage, puis le luchage pour lustrer des parties mates au moyen d’une pince de homard.
– L’assemblage éventuel pour la réalisation d’une grande pièce.

« Dentelle des reines et reine des dentelles »

Dès la première moitié du XVIIème siècle, la production dentellière concerne une grande partie de la population du pays d’Alençon. Chaque dentellière, plutôt bien payée, exécute une étape particulière de la production suivant la méthode de division du travail mise en place par Mme de La Perrière.

Colbert fonde en 1665 la Manufacture nationale du point de France afin de freiner les importations de dentelle au point de Venise.

La mode change et provoque le déclin de la dentelle du point d’Alençon jusqu’au XIXème siècle ou l’industrie du Luxe est relancée. Lors de l’exposition universelle de Londres en 1851 à Londres, la dentelle d’Alençon est proclamée : « Dentelle des reines et reine des dentelles ».

Dans les années 30, elle est relancée par les religieuses de la Providence d’Alençon. Puis, en 1976, l’atelier National du point d’Alençon est créé et rattaché au ministère de la culture afin de conserver ce savoir-faire unique au monde.

La dentelle d’aujourd’hui

En 2018, la dentelle n’est pas l’apanage des appui-têtes de fauteuil de grand-mères. Elle reste une œuvre d’art qui a donné envie à Camille (34 ans), Pauline (26 ans) et Amandine (20 ans) d’intégrer l’équipe des dentellières de l’atelier conservatoire national d’Alençon.

Désormais, 11 femmes assurent le maintien de ce patrimoine national unique.
Des départs à la retraites sont prévus et des recrus, femmes et hommes, sont donc attendus pour ne pas laisser la survie du point d’Alençon ne tenir qu’à un fil.

A bon entendeur…

Cécile Delachaussée