La France premier producteur mondial de lin

Le lin et sa jolie petite fleur bleue est historiquement l’une des premières espèces de plante à avoir été cultivée par l’homme. La plus ancienne fibre au monde est celle du lin trouvée dans la grotte de Dzudzuana en Géorgie remontant à 36 000 ans. C’est sous l’Égypte des pharaons que l’usage du lin a commencé à se développer : sa production, attestée il y a plus de 6 000 ans, servait à confectionner vêtements, tissus funéraires, voiles de bateaux, cordages ou filets. Les graines étaient consommées pour leurs qualités nutritives.

En France, les Gaulois auraient cultivé le lin dans la vallée de la Lys bien avant la conquête des Gaules par Jules César. La culture du lin fût encouragée par Charlemagne – il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle) – et c’est à partir du XIe siècle que son utilisation s’est généralisée. La Tapisserie de Bayeux est l’exemple le plus célèbre de la présence du lin à cette époque.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée en France d’agriculteurs belges a relancé la culture du lin concurrencée par l’usage du coton et les surfaces cultivées ont atteint 50 000 ha.

Aujourd’hui, en France, la culture varie entre 55 000 et 75 000 ha selon les années et représente 75% du lin mondial. Cette position de leader tient à la disponibilité de terroirs très favorables à sa culture et aux savoir-faire techniques des 5000 liniculteurs et teilleurs français.

Plante 100% écologique avec sa fibre naturelle et saine, le lin véhicule une image très positive. Sa biomasse est entièrement valorisée et ses fibres sont symboles de naturalité, noblesse et élégance. Doté d’une grande résistance et d’un pouvoir d’absorption de l’humidité sans équivalent, cette fibre millénaire procure une sensation de bien-être à ceux qui la portent. Associé au cachemire ou à la laine, il se fait doux et chaud pour l’hiver. Mélangé à la soie, il devient précieux et portable le soir. Autre atout : la solidité du lin. Après 50 lavages, une chemise en coton souffre et perd de sa tenue ; il en faut plus du double pour le lin. Sans parler du rendu incomparable des couleurs à l’origine de son succès dans le vestimentaire et dans l’univers de la décoration où il affiche son image qualitative et noble.

Les États-Unis sont le premier pays consommateur de lin (37 %). Ils sont suivis par l’Union Européenne (32 %), où l’Italie représente la moitié de la consommation. Pays à climat humide et tiède, le Japon se classe immédiatement derrière (7 %). Mais l’avenir se joue de plus en plus auprès des classes aisées et moyennes des pays émergents, Russie, Inde, Chine et Brésil.

Voici une histoire qui n’est pas prête de s’éteindre. Souhaitons longue vie au lin français !