Les p’tits papiers d’Arménie sont français

savoir faire français

Avec près de 3 millions de carnets vendus tous les ans, le papier d’Arménie est un produit français à grand succès. Unique depuis 130 ans, ce papier a le pouvoir de chasser les mauvaises odeurs et de parfumer nos maisons.

L’origine des p’tits papiers

L’histoire a commencé en 1885 avec Auguste Ponsot, qui, au cours d’un voyage en Arménie, découvre que ses habitants parfument et désinfectent leur maison en faisant brûler des cristaux de résine de Benjoin sur des charbons ardents.

De retour en France, après de nombreuses tentatives dans son officine, le chimiste invente et met au point avec son associé, Henri Rivier, un papier buvard imprégné de Benjoin qui se consume lentement sans faire de flamme.

Le papier d’Arménie rencontre un succès immédiat. Il est médaillé à plusieurs reprises lors des Expositions Universelles. Considéré à l’époque comme un désinfectant, il est vite adopté dans tous les foyers et les hôpitaux de France…et même de Navarre.

C’est une belle histoire de famille et aujourd’hui, l’arrière-petite-fille de l’inventeur, Mireille Schwartz,  tient toujours avec fierté et passion les rênes de l’entreprise installée à Montrouge et labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant.

Un savoir faire artisanal 

La Benjoin est une résine extraite de l’arbre Styrax qui vient d’Asie. En faisant des saignées sur l’écorce de l’arbre, on récupère une sève blanche qui durcit et jaunit en séchant. Il faut environ 6 mois pour obtenir une résine sous forme de petits cailloux aux senteurs sucrées et vanillées.

Lorsque les cristaux de résine arrivent dans les ateliers de Montrouge, ils sont concassés et transformés en poudre. Le mélange secret peut ainsi commencer…98% de résine de Benjoin et 2% de poudre magique secrète. Cette poudre de perlimpinpin (dont Mireille garde le secret), mélangée à un solvant macère en cuve dans une solution alcoolique pendant 2 mois pour obtenir le précieux liquide sombre et ambré.

Les feuilles de papier sont alors baignées dans un bain d’eau saline qui permet de ralentir leur combustion. Une fois sèches, elles repassent pour un deuxième trempage à base du fameux mélange secret. Ensuite, direction le four, puis les feuilles sont mises au repos pendant 6 mois pour séchage intégral. Pour finir, elles sont perforées, découpées, assemblées et reliées en petit carnets odorants.

Il faut plus de 6 mois pour effectuer toutes les étapes de fabrication de ce papier parfumé à brûler. En tout cas, il ne cramera pas vos économies car il coûte moins de 4 euros.

« Laissez brûler les p’tits papiers, papier de riz ou d’Arménie, qu’un soir ils puissent, papier maïs, vous réchauffer…, laissez brûler, la la la la… » comme disait Serge Gainsbourg dans sa chanson pour Régine dans les années 60.