Longue vie aux métiers d’art français et aux compagnons

En France, nous avons nos start-up championnes de l’innovation mais nous avons aussi nos Compagnons.

Depuis 2010, l’Unesco a inscrit le Compagnonnage sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de la France, au même titre que la gastronomie française.

Mais qui sont les compagnons ?

L’histoire des compagnons du devoir remonte au Moyen-âge et aux bâtisseurs de cathédrales ! Derrière le terme générique des “Compagnons du devoir” il y a plusieurs organisations différentes en France. La plus connue, celle qui accueille le plus de jeunes, est l’Association ouvrière des compagnons du devoir du tour de France (AOCDTF), créée en 1941, reconnue d’utilité publique par l’État. Elle forme chaque année 10.000 jeunes dont 6.000 apprentis.

L’AOCDTF permet de se former à près de 30 métiers différents :

Les métiers du bâtiment : Charpentier, Couvreur, Maçon, Métallier, Plombier chauffagiste, Tailleur de Pierre
Les métiers de l’aménagement et de la finition : Menuisier, Ebéniste, Plâtrier, Peintre, Sollier moquettiste, Carreleur
Les métiers de la Métallurgie et l’industrie : Carrossier, Chaudronnier, Mécanicien, Mécanicien outilleur, Electrotechnicien
Les métiers du vivant : Jardinier Paysagiste, Maréchal Ferrant, Vigneron, Tonnelier
Les métiers du goût : Boulanger, Patissier
Les métiers des matériaux souples : Cordonnier bottier, Tapissier, Sellier, Maroquinier

Trois grands principes président à la formation des Compagnons :

La formation en alternance : tous les jeunes qui se forment chez les compagnons du devoir sont en en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. L’alternance est dite “longue” : 6 semaines en entreprise, 2 semaines en centre de formation.

La vie en communauté : les jeunes en formation vivent dans des maisons, dirigées par de jeunes compagnons, appelés les « prévôts », qui sont aidés par des intendantes qu’on appelle les “mères” ou les “maitresses de maison”. Il y a plus de 80 maisons en France, où les jeunes sont logés, nourris et instruits.

Le voyage : les jeunes qui le souhaitent peuvent compléter leur formation par un Tour de France. Il s’agit, pendant 4 à 5 ans, de voyager de maison en maison, de ville en ville et d’entreprise en entreprise. Ce Tour de France peut aussi se dérouler en partie dans une cinquantaine de “pays de passage “. 40% des jeunes formés chez les Compagnons font leur Tour de France – qui n’est pas obligatoire même si c’est l’un des piliers de la transmission des savoirs chez les Compagnons.

Ce dispositif de formation unique a su évoluer au cours des siècles afin de répondre au mieux aux problématiques des jeunes. Ainsi aujourd’hui 90 % des jeunes formés trouvent un emploi à l’issu de leur formation chez les Compagnons du devoir.

L’Association ouvrière des compagnons du devoir du tour de France a obtenu la récompense “Parcours” du Prix Liliane Bettencourt 2015 pour l’intelligence de la main afin d’encourager l’exemplarité et les valeurs que porte cette association.

Ils sont porteurs d’un patrimoine et d’un savoir faire d’exception et ils ne doivent pas disparaitre. Alors souhaitons longue vie à nos compagnons et aux métiers d’art en France !

Je remercie Jean-Vianney, qui a “l’intelligence de la main”, de m’avoir inspiré l’idée de ce post du jour.