Un Musée des arts décoratifs franchement sexy…

…c’est ce que promet le nouveau président de l’institution parisienne, Pierre-Alexis Dumas, qui est également le directeur artistique d’Hermès.

Pour atteindre cet objectif, une nouvelle exposition consacrée à Barbie paraissait tout à fait appropriée. Sexy avec son maillot de bain rayé blanc et noir, le tout premier modèle né en 1959 a des allures de Brigitte Bardot sur la Croisette. Le prénom Barbie vient de Barbara, la fille de Ruth Handler, femme d’affaires qui a inventé la poupée starlette. Cette Américaine a eu l’éclair de génie d’imaginer une poupée adulte, svelte, blonde, à la taille de guêpe et aux seins en obus. Le succès fut fulgurant et les modèles multipliés à l’infini comme le montre l’exposition du Musée des Arts décoratifs. Elle est présentée jusqu’au 18 septembre pour le plus grand plaisir des petites filles et de leur maman.

Au delà de l’exposition Barbie, il s’agit pour le musée de remettre les arts décoratifs et le design au centre du paysage culturel français. “A Paris, on a l’impression que l’art contemporain a le monopole de la créativité, regrette Pierre-Alexis Dumas. Les Français ont un rapport paradoxal à l’objet. C’est au cœur de notre culture, il y a un génie du bricolage, de la trouvaille. Mais on ne ressent pas le besoin d’aller regarder l’objet de près. Il a tellement proliféré qu’il a perdu de son âme”.

Pour redresser la barre et donner une lisibilité à une identité muséale complexe, l’équipe du Musée des Arts décoratifs lancera à l’automne une nouvelle communication. Elle compte aussi s’investir sur des projets ambitieux d’expositions, moins nombreuses mais plus attractives. La présentation des collections du musée sera aussi modifiée, avec de plus fortes ponctuations extra-occidentales pour montrer que les arts décoratifs ont un caractère universel. Il est urgent d’agir car la fréquentation du Musée des Arts décoratifs a chuté en 2015 à 300 000 visiteurs, contre deux fois plus en 2012.

Devenir le temple du grand goût français et faire revenir les visiteurs, voilà un enjeu culturel franchement passionnant pour ce musée idéalement situé dans une des ailes du Louvre.