Tolix, la chaise icone de l’esthétique industrielle

Voici l’histoire d’une autre belle française endormie, la société TOLIX, fabricant de chaises en tôle galvanisée.

La renaissance de la marque Tolix, on la doit à Chantal Andriot. C’est par passion et fidélité à l’entreprise que cette ex-directrice financière s’est lancée dans l’aventure avec une poignée de salariés qui ont, avec elle, racheté Tolix en 2004, suite à sa liquidation judiciaire. Elle a su redonner du souffle à cette manufacture experte en mobilier utilitaire, en perpétuant la double exigence de qualité et d’innovation. L’entreprise s’est dotée de machines numériques ultra-performantes qui accompagnent les nombreuses opérations manuelles et l’outillage hérité de l’histoire.

La chaise Modèle A est devenue une icône de l’esthétique industrielle. Sa popularité indéfectible depuis 1934 l’a fait entrer dans les collections du Vitra Design Museum, du MoMa et du Centre Pompidou. Ce siège mythique en tôle emboutie s’est imposé «par sa solidité à toute épreuve, sa légèreté inégalée, sa propreté facile à garder», avantages auxquels venait à l’époque s’ajouter «celui du prix réduit».

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Tout le mérite revient à Xavier Pauchard (1880-1948) qui fut un pionnier de la galvanisation en France. Basé en Bourgogne, à Autun, il se révèle au lendemain de la Grande Guerre un entrepreneur visionnaire et inventif à la tête d’une florissante manufacture d’articles ménagers en tôle galvanisée qui sont à l’époque l’incarnation du confort ménager. C’est en 1927 qu’il dépose le nom Tolix au moment où il se convertit à la «production de sièges, fauteuils, tabourets, meubles métalliques».

Inoxydables, robustes, empilables, les différents modèles imaginés par Xavier Pauchard trouvent d’emblée leur place à l’intérieur des ateliers, des bureaux, des hôpitaux autant qu’en plein air, à la terrasse des cafés et dans les jardins publics. Embarquées à bord du paquebot Normandie en 1935, ces chaises peuplent aussi les allées de l’Exposition Internationale des Arts et Techniques en 1937. À la fin des années 1950, alors que son fils Jean lui a succédé, Tolix et ses quatre-vingts ouvriers fabriquent près de 60 000 unités par an. L’entreprise est restée dans la même famille jusqu’en 2004.

Chantal Andriot, sa nouvelle patronne, a choisi deux designers renommés, Jean-François Dingjian et Eloi Chafaï, alias Normal Studio, pour l’assister dans la direction artistique et apporter un souffle contemporain. Leur design questionne l’outil industriel et s’émancipe du passé pour valoriser le savoir-faire légendaire des ateliers. Aujourd’hui, la moitié du chiffre d’affaires de Tolix est réalisée à l’export, dont la moitié pour les seuls États-Unis.

Suprême récompense, Tolix a reçu en 2006, le label «Entreprise du patrimoine vivant», décerné par le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie.

Une PME française qui réussit !