A Lille, Chu et industrie textile conçoivent ensemble des masques en tissu réutilisables

Pour faire face à la pandémie et la pénurie de masques, le CHU de Lille développe en partenariat avec l’entreprise textile Lemahieu et le collectif Le Souffle du Nord des masques alternatifs en tissu. L’hôpital partage gratuitement son cahier des charges afin que toutes les régions puissent confectionner ce modèle.

Une initiative émanant du CHU de Lille

C’est dans son laboratoire que le CHU de Lille a développé et testé son modèle de masque tissu, lavable à 60°C et réutilisable. Ce masque nommé «Garridou», en clin d’oeil à ses concepteurs : Pascal Odou, Delphine et Clémentine Garrigue et Marine Vanbremeersch, ne remplace pas les masques jetables, mais il répond positivement aux caractéristiques de filtration des particules 3μm. Selon le CHU, il permet “d’atteindre un niveau de protection en termes de particules similaire à la norme appliquée aux masques chirurgicaux classiques jetables“, qui ajoute « qu’il ne s’agit pas d’une homologation, mais d’un test d’efficacité particules ».

Un cahier des charges accessible aux professionnels

Afin d’étendre son action solidaire à toutes les régions, le CHU de Lille met à disposition des acteurs professionnels (collectifs, industriel du textile, groupement d’initiative locale) le cahier des charges technique et de fabrication du masque.

Donné gratuitement, ce cahier des charges permet à d’autres industriels de suivre ce mouvement et de lancer leurs propres productions. Cependant l’hôpital de Lille précise “ce masque doit être fabriqué, distribué et mis à disposition dans le cadre d’un dispositif de type ‘économie solidaire'”, et à destination des personnels soignants. Il doit être fabriqué et distribué à prix coûtant pour les hôpitaux publics et les établissements de santé engagés dans la crise, ou dans le cadre d’un mécénat public ou privé, ou encore d’une opération financée par une institution, collectivité territoriale, agence ou administration”. Le CHU met en garde en informant que “le masque réalisé avec d’autres tissus n’aurait pas la même efficacité et pourrait comporter des risques, car il procurerait une fausse sensation de sécurité”.

D’autres industriels peuvent ainsi suivre le mouvement et demander à télécharger le cahier des charges

Top départ d’une chaîne de solidarité

Grâce à un partenariat avec la manufacture française Lemahieu, Entreprise du patrimoine vivant, 3 000 masques destinés aux personnels soignants vont être produits. Les 125 salariés de l’entreprise sont tous sur le pont avec à la tête, son président Martin Breuvart, qui explique que tous les masques seront vendus à prix coûtant«On va juste facturer la préparation des matières, le contrôle qualité et l’envoi, ce prix sera finalement dérisoire». Les entreprises partenaires sont sollicitées et répondent positivement comme Le Slip Français qui a fait don de tissus.

De son côté, la communauté “Le Souffle du Nord” fait appel à des volontaires afin de démultiplier la production solidaire et locale. Aujourd’hui plus de 22 000 couturiers et couturières à domicile se sont portés volontaires ainsi que 200 bénévoles et près de 40 entreprises œuvrent ensemble dans cette chaîne solidaire.

Grâce à cette franchement belle mobilisation, chaque jour 9 600 masques “prêts à assembler” sont acheminés auprès des couturiers et couturières volontaires, mais aussi des entreprises comme Damart, Décathlon, l’Opéra de Lille, Jacquart, Le Colonel… qui ont mobilisé leurs salariés volontaires pour contribuer à cet élan solidaire.

Solidarité est le mot d’ordre du directeur général de l’hôpital, Frédéric Boirons, qui se félicite de cette collaboration : «Je vois ces gens, ces entreprises, ces associations qui se mobilisent quand on leur demande et ce n’est pas pour faire de l’argent. Il ajoute “il n’y aurait pas d’hôpital public sans solidarité”.

Tous unis pour équiper nos soignants ! Un message de solidarité franchement fort.

Crédit photo Lemahieu

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