Moncoton : innover pour une économie circulaire locale

Moncoton

Comme vous le savez, le coton ne pousse pas en France. Cependant, il existe, près de chez nous, un gisement infini de matière première : les vêtements usagés. L’ambition du projet Moncoton est de mettre au point un fil recyclé, fabriqué localement, à partir d’anciens vêtements. Ce fil permettra de confectionner de nouveaux produits et de créer ainsi un vrai cercle vertueux d’économie circulaire locale. Ce projet, initié en 2017 par la marque textile engagée 1083, est soutenu par l’Ademe. Tissage de France est mobilisé sur ce projet de recherche et développement pour industrialiser la production d’un fil 100% en coton recyclé.

Recycler la fibre des vêtements usagés, c’est coton!

Utiliser des vieux vêtements pour en fabriquer de nouveaux, le principe parait simple…

Et bien, c’est franchement coton ! Les procédés sont techniques et nécessitent de la recherche, du savoir-faire et des investissements machines importantes. L’objectif est de mettre au point un processus d’effilochage qui permette d’obtenir la fibre la plus longue et qualitative possible.

Pourtant la manne est importante puisque 223.000 tonnes de textiles sont collectées chaque année, mais sans réels débouchés industriels jusqu’à présent, constate Tissage de France.

Un projet évalué à 2 millions d’euros et qui bénéficie d’une aide de 900.000 euros dans le cadre du concours I-Nov de l’Ademe. Le financement participatif, mené par l’entreprise 1083 sur la plateforme Lita.co a recueilli plus de 1 million (1 million 83 parait-il…) d’intentions de prêt.

Aujourd’hui, des tests ont été faits pour récupérer les vêtements usagés, notamment auprès des boutiques du Slip Français et de 1083. Une étude de process de récupération des fibres, des travaux sur l’optimisation de l’effilochage et du défibrage, l’élimination et tri des fibres courtes ainsi que des essais de filature est mené. L’enjeu aujourd’hui est double : savoir le faire à grande échelle et récupérer un fil de belle qualité.

Pour être compétitif, le prix de ce fil ne doit pas excéder 5 euros le kilo. Ce prix correspond au tarif des fils que l’on trouve en Espagne et qui sont composés de 50% de coton recyclé uniquement.

Ce beau projet a su mobiliser de nombreux acteurs textiles français et notamment Le Slip Français dès le début. Pour continuer à financer cette innovation, les 2 entreprises ont transformé la journée du Black Friday en journée solidaire : depuis 2019, elles reversent 10% de leurs ventes du jour au projet Moncoton !

Une innovation impulsée par 1083

Ce projet a été initié par l’entreprise 1083, dirigée par Thomas Huriez, qui s’est lancée sur le marché du jean made in France ( à moins de 1083 km de chez vous). Pari a été pris, dès l’origine, de tout produire en France. Le jean est un marché colossal : il s’en vend dans le monde, près de 2 milliards, ce qui représente 73 par secondes. Le jean a mauvaise réputation d’un point de vue environnemental. Selon l’ONG Greenpeace, 7.000 litres d’eau sont utilisés pour la fabrication d’un seul jean. Sans compter les produits chimiques utilisés pour délaver et vieillir la toile …

Pour sa part, 1083, dans son usine de Romans-sur-Isère, utilise la technique du laser pour donner un aspect usé à ses jeans, ce qui a comme avantage de n’utiliser ni produit chimique, ni eau.

L’entreprise veut agir avec des projets concrets en faveur de l’économie circulaire locale. Elle a déjà réussi à réaliser, en France, sept des huit étapes de fabrication des jeans…mais il manque la première : la culture du coton!

L’entreprise engagée sait que le coton qui sert à fabriquer ses produits nécessite beaucoup d’eau et vient de loin…et c’est ici que le projet Moncoton prend tout son sens. Pour pallier ce problème, l’entreprise Domoise a levé des fonds pour travailler à l’industrialisation d’un fil recyclé tout coton et issu des jeans usagés. ” On a des tonnes de coton dans nos poubelles” ajoute Thomas Huriez . Ce projet a été primé par l’Ademe. L’enjeu est de réussir a obtenir un fil de bonne qualité avec des fibres longues pour assurer la qualité et la durabilité des nouveaux produits issus de la filière.

L’entreprise, dès ses débuts, et pour proposer des jeans à partir de 89 euros, a travaillé avec 2 tisseurs en France qui lui ont fait confiance: Valrupt Industrie dans les Vosges et Tissages de Charlieu dans la Loire. En 2018, Valrupt a subi des difficultés économiques et a été mis en redressement judiciaire. Impossible pour Thomas Huriez et 1083 de laisser partir ce savoir-faire français. Il s’est donc mobilisé sur un projet de reprise pour sauver un maximum d’emplois et le tribunal a retenu son projet. Valrupt industries s’appelle donc depuis Tissage de France et 40 salariés y travaillent.

C’est Tissage de France qui teste en grandeur réelle les étapes de fabrication et qui travaille à développer de façon industrielle un fil en coton 100% recyclé… un projet Franchement Bien!

Tissage de France sera présent au salon Made in France Première Vision les 8 et 9 septembre aux Carreaux du Temple à Paris.

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