Une association française invente le “shazam des plantes”

Shazam des plantes_PLantnet
Après avoir découvert comment facilement identifier les musiques grâce à Shazam, pourquoi ne pas “shazamer” les plantes et les animaux ? C’est l’idée de l’application française Plantnet, qui permet d’identifier des espèces végétales et animales depuis son smartphone.

Elle s’appelle Pl@ntNet et est le fruit d’une collaboration entre plusieurs instituts de recherche français : l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), l’IRD (Institut de recherche et développement) et l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique).
Basée à Montpellier, l’association Floris’Tic, au cœur du développement de cette application, regroupe plus de 22 000 membres de 89 pays. L’ONG Tela Botanica développe des outils autour de la botanique avec la création et d’une base de données informatique open source des différentes variétés de plantes, regroupant aujourd’hui près de 100 000 entrées.

Franchement simple à utiliser

Qui ne s’est jamais demandé quel nom pouvait bien porter telle fleur, tel arbre, tel animal ? Aujourd’hui, la réponse est dans notre poche, ou plutôt dans notre téléphone. Avec l’application Pl@ntNet en quelques clics, les photos prises sont transmises à une base de données regroupant aujourd’hui près de 800 espèces.

Comme l’explique Alexis Joly, chercheur à l’INRIA Sophia-Antipolis, “les images sont passées à la moulinette d’un algorithme qui va les déformer (rotations, changements d’échelle…) afin d’en extraire les invariances”.

Pour faire simple, on prend en photo de très près un organe, on choisit si c’est une feuille, une fleur, un fruit ou une écorce et le serveur donne plusieurs solutions d’espèces de la plus ressemblante à la plus éloignée.

Derrière il y a des applications web et on donne des notes, on valide les données, on filtre les qualités, puis on vote: les images avec 3 étoiles seront intégrées dans l’outil d’identification.

Franchement collaborative

Pour nous, promeneurs, la réponse semble évidente, elle permet de répondre à notre curiosité. Pour les chercheurs, l’enjeu est bien plus important : “Si toutes les espèces sont bien recensées, notre réseau manque encore malgré tout d’images des différents stades de croissance de nombreuses plantes, souvent les plus courantes”, explique Daniel Mathieu, président de Tela Botanica. 

“Avec l’application, nous allons avoir un plus grand nombre de constats sur la précocité des phases de développement des plantes et obtenir ainsi des renseignements précieux sur l’influence du réchauffement climatique sur les saisons” poursuit Daniel Mathieu.

Les botanistes, eux, espèrent récupérer des éléments plus précis sur la répartition de chaque espèce végétale, suivre l’avancée de plantes invasives et permettre de réduire ainsi l’utilisation de produits phytosanitaires. A terme, la plateforme pense recenser les 5 000 espèces que compte la flore européenne.

Alors, à vos smartphones, partez à la découverte de la nature tout en faisant franchement avancer la science.

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